Manon Elisabeth d'Ombremont

Manon Elisabeth d'Ombremont

Comment je me prépare au NaNoWriMo

31/10/2016 à 15h36

Plusieurs personnes ont voulu savoir comment je me prépare pour un NaNoWriMo. Je n'ai pas la prétention de détenir toutes les réponses, et plutôt que de me la jouer en mode « moi je sais tout » je préfère vous parler de la manière dont MOI je me prépare au NaNoWriMo. Au passage, n'oubliez pas que vous pouvez retrouver le synopsis de mon projet sur le site officiel du NaNo.

Commençons par le commencement: Qu'est-ce que le NaNoWriMo? Littérallement: National Novel Writing Month. Il s'agit d'un défi à l'origine anglophone, sans but lucratif, sans gain véritable à la fin hormis un badge sur votre profil, qui encourage les auteurs (professionnels ou en devenir) à écrire un roman sur un mois. Considérant que la moyenne pour un roman est de 50k mots, le but est d'en écrire autant en 30 jours. Quotidiennement, vous uploadez votre avancement grâce à un compteur de mots et le site calcule pour vous ce qu'il vous reste à faire, combien de mots vous devez écrire par jour pour terminer l'objectif, etc. Depuis 2014, j'y participe chaque année, ainsi qu'aux camps d'Avril et de Juillet qui fonctionnent sur le même principe, sauf que l'on choisit nous-même notre nombre de mots à atteindre.





Voici mes conseils, répartis en 5 points.

1. Choisir le bon projet: Cela ressemble à un conseil bidon, et pourtant... Choisir LE bon projet est très important. Le NaNoWriMo, c'est un défi d'écriture assez intense où on doit écrire 50k mots en l'espace d'un mois. Bosser sur LE projet qui nous inspire est très important et ce même si vous avez, mettons, d'autres tapuscrits à terminer en priorité. Moi-même j'ai choisi de travailler sur Managarm au lieu du tome 2 du Nechtaànomicon parce que le premier me motivait davantage actuellement (mais promis le Nechtaànomicon sera terminé en temps et en heure. D'ailleurs ça ne signifie pas que je n'ai pas d'inspiration pour Nechtaàn, que du contraire, c'est simplement que Managarm tourne dans ma tête et j'ai besoin de l'exorciser avant de retourner à ce cher archidémon). Certains vous diront justement l'inverse, mais je crois qu'on fournit un meilleur travail et, à terme, un meilleur tapuscrit, si on est inspiré par ce que l'on écrit et si c'est un plaisir plutôt qu'une corvée. Écrire autant en si peu de temps n'est déjà pas facile, autant y prendre du plaisir !

2. Bien préparer son projet: Le choisir, ce n'est pas tout. Vous devez commencer le 1er novembre à écrire votre chapitre 1, pas à faire des recherches préliminaires ou à développer votre plan texte. Un NaNoWriMo, ça se prépare correctement: veillez à avoir réuni un maximum de documentations pour votre ouvrage, à avoir défini les différents personnages et une ligne conductrice dans votre intrigue, au minimum. Bien entendu, les choses évoluent toujours au fil de l'écriture mais vous devez avoir une base solide AVANT le 1er novembre, sinon vous risquez de prendre beaucoup trop de retard. Quant à savoir comment s'y prendre, la méthode dépend de chacun. Pour la documentation, j'épluche souvent de nombreux sites Internet et les bases de données universitaires (puisque j'ai la chance d'y avoir accès grâce à mon statut d'étudiante) pour récolter des informations pertinentes. N'oubliez pas l'esprit critique mais n'hésitez pas à broder ou à inventer par-dessus. Quant aux personnages, en tant que rôliste, j'ai l'habitude de créer des fiches qui reprennent nom, prénom, âge, date et lieu de naissance, traits de caractères principaux, race, morceaux du passé. Pour l'intrigue, je numérote les chapitres et je décris ce que je veux qu'il s'y passe, tout en gardant à l'esprit qu'au fil de la rédaction, d'autres idées vont me venir pour étoffer le tout et que des chapitres se rajouteront forcément.

3. En parler autour de vous: Vos proches qui ne sont pas écrivains auront probablement un peu de mal à comprendre cette activité. N'hésitez pas à leur expliquer les enjeux, ce que ça représente pour vous, vers quoi ça peut vous mener. Non seulement, vous gagnerez du soutien (enfin, normalement!) mais en prime, vous n'aurez pas besoin de continuellement justifier vos longs moments devant l'ordinateur, à bosser. Si vos proches sont compréhensifs, ils vous ficheront la paix et vous pourrez vous concentrer plus longtemps. Insistez bien sur le fait que cela dure tout un mois, que c'est un défi, et que vous allez avoir besoin de tranquillité, que c'est important pour vous. Il faut communiquer au maximum pour avoir un environnement de travail sain et mettre un peu de côté l'IRL: réduire les éventuelles sorties, éviter de trop se bourrer la gueule, bref c'est un peu comme une période d'examen et de révisions (pas cool pour les étudiants comme moi qui enchaînent directement sur le blocus de Décembre et les examens de Janvier, mais il faut ce qu'il faut). Si vous voulez réussir, mettez toutes les chances de votre côté et faites le sérieusement.

4. Se trouver des copains pour écrire: Ce que je reproche au NaNoWriMo de novembre c'est que, contrairement aux camps, il n'y a pas de cabines. On est seul face à son écran, pas d'amis avec qui échanger, de gens qui nous motivent... On a trop vite fait d'abandonner, puisque personne de nous colle aux fesses. Donc, ce que je vous conseille, c'est de vous trouver quelques partenaires. Vous pouvez utiliser les forums français du NaNoWriMo mais aussi sonder parmi vos connaissances. Peut-être que certains y participent ! Pour palier à l'absence de cabine, le groupe secret sur facebook ou la messagerie instantanée sont deux très bons choix, mais pensez également à la conversation multiple sur skype. Petite précision suite à une mauvaise expérience: l'idée de former des groupes d'écriture est avant tout de s'entraider et de se soutenir. Inutile de commencer à raconter votre vie ou à digresser sur des sujets sans rapport: parlez de votre avancement, des difficultés que vous avez rencontré (ou pas) lors de la rédaction de vos chapitres quotidiens, et surtout ENCOURAGEZ LES AUTRES. Ne soyez pas égocentrés, intéressez-vous à ce que font vos copains d'écriture, motivez-les en cas de baisse de régime, empêchez-les de laisser tomber, bref: soyez là pour eux comme eux sont là pour vous.

5. Amusez-vous ! Et ça reste le plus important. Le NaNo est quelque chose qu'on doit faire avec sérieux pour le réussir, mais ça ne doit pas devenir une contrainte mentale qui vous bouffe au quotidien. Ce n'est pas grave si vous n'arrivez pas aux 50k mots, tant que vous avancez sur votre projet, que vous vous lancez sérieusement et que vous vous disciplinez un minimum.



Rendez-vous début décembre pour un article récapitulatif sur mon expérience de cette année.


Bilan du Nechtaànomicon - un mois après

26/10/2016 à 06h52

Un mois après la sortie papier du Nechtaànomicon, un petit bilan s’impose ! Soyons honnête, le succès de la saga en numérique était assez mitigé. J’ai conscience de ne pas avoir un public axé sur le numérique (ne l’étant pas moi-même) et surtout, j’ai l’impression que tout ce qui n’est pas romance ne marche pas très fort sur ce type de support. Mais cela, c’est une réflexion personnelle qui n’engage que moi et qui découle de mes propres observations. N’hésitez pas à me dire ce que vous, vous en pensez.



                                



Du coup, après ce départ en demi-teinte, j’angoissais beaucoup pour la sortie du roman en papier. Je craignais d’avoir perdu mon pari : celui de proposer un héros moderne qui soit un vrai connard, et lui donner le beau rôle dans une histoire. Celui de casser les codes de l’urban fantasy que l’on voit fleurir un peu partout. Celui d’intéresser un grand nombre de personnes grâce à lui. Je craignais d’en avoir fait trop, trop pour mon propre bien, trop pour un seul roman, trop d’un coup. Vous m’avez prouvé le contraire et je dois vous remercier pour cela.



Le Nechtaànomicon est sorti le 24 septembre à l’occasion du festival les Aventuriales de Ménétrol (un superbe salon que je vous conseille chaudement, que vous soyez auteur ou simplement lecteur) et a très bien démarré. A l’heure où je publie cet article, il a également eu droit à une séance de dédicace dans une librairie belge (chez Kazabulles, fournisseur officiel de Nechtaàn en format papier sur la Belgique ;) ) et à un festival local, l’art de livre de Blégny, où il s’est démarqué des autres. Dans quelques jours, il retourne en France mais dans le nord cette fois, pour le Valjoly’maginaire. Espérons qu’il continue à séduire !

Je ne suis pas de ces auteurs qui étalent leurs chiffres pour s’attirer sympathie et félicitations, je préfère être de ceux qui remercient, parce que j’ai conscience de n’être rien sans vous. Alors MERCI à vous tous, les lecteurs, d’avoir été présents. Fidèles au poste pour les anciens, curieux pour les nouveaux. Merci à ceux qui m’ont rencontrée en festival, mais merci aussi à ceux qui ont commandé le roman en ligne, sur la boutique de mon éditeur, que ce soit en papier ou en numérique. N’hésitez pas à le faire travailler encore plus, il adore ça ;)

J’en profite pour le remercier, lui aussi. Mon éditeur, c’est cet homme un peu fou qui a décidé que de donner sa chance à Nechtaàn était une bonne idée. Le pire, dans tout ça ? Y’a même pas eu besoin de le menacer ! Je sais, il est dingue. Mais grâce à lui, je peux vous promettre encore de beaux moments à passer dans les ténèbres et ça, ça n’a pas de prix.

Merci Lilian.

Mon prochain article bilan sera publié début décembre, à la fin de la saison des salons 2016. Pendant novembre, je vais me consacrer au NaNoWriMo et je compte vous écrire un petit article sur la façon dont, personnellement, je me prépare à cet évènement.

See ya.