Manon Elisabeth d'Ombremont

Manon Elisabeth d'Ombremont

Top 5 - mes meilleures lectures de 2016 !

10/12/2016 à 14h02



Vous avez été nombreux à me demander quelles ont été mes lectures « coup de cœur » en 2016 et voici ma réponse. J’espère que ce petit article vous aidera pour choisir vos cadeaux de Noël, parce qu’un livre sous le sapin, c’est indispensable à mes yeux ! Avant de commencer, quelques précisions : ces romans ne sont pas par ordre de préférence mais bien alphabétique en fonction du nom de famille de l’auteur, assez simplement parce que je serai incapable de les classer autrement… En cliquant sur le titre, vous tomberez directement sur la boutique de l’éditeur, ce qui vous permettra de lire le résumé et d’acheter l’œuvre si vous le souhaitez. Cet article vous donne juste mon ressenti par rapport au roman et pourquoi je vous le conseille, il ne contient pas de spoilers.

- Rose Morte – Céline Landressie: D’abord publiée chez l’Homme Sans Nom avant de passer chez Milady, Céline Landressie est une auteure française de grand talent. En la lisant, vous faites un bond dans le passé et vous avez l’impression de lire une auteure du 19e siècle tant sa plume est soignée et riche. Rose Morte est une saga historico-fantastique, qui commence au début du 15e siècle si ma mémoire est bonne et continue au fil des époques, le tome 3 prenant place durant la seconde guerre mondiale, pour vous donner une idée. Outre le style de Céline, sa réappropriation d’un folklore trop exploité dans d’autres œuvres et la finesse psychologique de ses personnages font de sa saga un incontournable à mes yeux. Rose n’est pas de ces héroïnes parfaites que l’on voit trop souvent, ne vous attendez pas non plus à une romance à l’eau de rose, parce que vous allez souffrir… Et pour ça, Céline est très douée ! Malgré leur statut de créatures nocturnes, ses personnages sont terriblement humains, on devient vite accro, bref à découvrir d’urgence d’autant que c’est du poche, donc à petit prix. Attention toutefois à ne pas vous laisser abuser. Milady classe Rose Morte en bit-lit mais ce n’est pas DU TOUT (mais alors pas du tout du tout) le cas…

- La Geste des Exilés – Bettina Nordet: Publiée aux éditions du Chat Noir, Bettina Nordet est une auteure française dont j’ai fait la connaissance il y a deux ans à la foire du livre de Bruxelles. Depuis, on ne se quitte plus ! Outre le fait que l’auteure est une femme merveilleuse, elle écrit extrêmement bien et a soufflé un vent nouveau sur l’urban fantasy, dont le genre avait bien besoin. Son héroïne, Jana, est complexe, torturée par des évènements qui lui tombent dessus sans prévenir. On peut avoir l’impression de lire une énième saga du genre, avec une héroïne normale-mais-pas-tellement-en-fait, des beaux gosses amoureux-mais-faut-pas-le-dire-chut qui gravitent autour d’elle et sont très puissants, très influents dans l’univers au sein duquel ils évoluent… Pourtant, Bettina arrive à prendre ces écueils trop faciles et à nous raconter une histoire avec, qui n’a rien de banal. Personnellement, je me suis faite balader tout du long, l’écriture de cette auteure a, à mes yeux, un pouvoir magique parce que je suis rarement rentrée aussi vite et aussi intensément dans un roman. Je suis d’ailleurs bien incapable de dire à quoi cela tient… J’ai vibré avec les personnages, au fil des évènements, je me suis posée plein de questions et j’ai aimé les thèmes abordés par Bettina, notamment l’homosexualité (qui a fait débat au moment de la sortie du tome 2 sur booknode d’ailleurs, pour rappel ou pour la petite histoire) et la justesse de sa vision sur le sujet. Pour finir, notez qu’en terme de sadisme, Bettina se pose là et je vous conseille d’avoir les trois tomes sous la main quand vous commencez, parce que l’attente et le suspens rendent dingues ! Ce qui tombe assez bien vu que le Chat Noir propose un pack à petit prix pour les fêtes… Ah et pour ceux qui connaissent, moi j’étais team Phen et Mayron <3

- Rebecca Kean – Cassandra O’Donnel: Depuis des années, on me répète « mais bon sang lis Rebecca Kean tu vas adorer, c’est fait pour toi ! » du coup, comme souvent quand on me dit ça… Bah je n’achète pas. Le premier tome est arrivé au moment où j’étais en overdose de bit-lit et où le simple fait de me parler de vampire me filait des boutons. Du coup je suis passée longtemps à côté… Un mal pour un bien ! J’ai acheté le premier tome aux Imaginales de cette année (sous la pression intolérable de Bettina, d’ailleurs… ;) ) et je l’ai lu juste avant les Aventuriales de Ménétrol, où je revoyais Cassandra, comme je le lui avais promis. Outre le fait que l’auteure est une femme absolument merveilleuse avec qui c’est un vrai bonheur de discuter pendant des heures, j’ai totalement craqué pour le personnage de Rebecca. En fait, cette série a tous les points positifs d’Anita Blake, les défauts en moins. Rebecca est, au début de la saga, une sacrée sociopathe, une vraie guerrière qui reste logique dans sa psyché, dans son évolution, dans ses réactions, qui n’hésite pas une seule seconde à intervenir de manière musclée. Notez qu’en plus de ça, Rebecca est une mère ! Ce qui est assez rare chez les héroïnes, de nos jours. Et ça offre au roman un angle très intéressant, d’autant que sa fille, Léonora, est juste à mourir de rire. J’adore cette gamine ! Cassandra nous propose un bestiaire assez connu (vampire, loup, sorcier) mais rajoute quelques touches originales (les chamans, les garous, les vikaris, les démons –oui ils sont originaux dans ce roman !) qui sont propres à son univers. C’est de l’urban fantasy « classique » mais offerte avec une héroïne qui détonne, des personnages hauts en couleur, des enquêtes qui ne sont jamais éclipsées par les déboires amoureux de Rebecca… Bref, Cassandra a tenu ses promesses et je meurs d’impatience d’être au salon du livre de Paris pour lire le tome suivant. PS: Baetan en force ! <3

- La 25e heure – Feldrik Rivat: J’ai rencontré Feldrik avant même d’être publiée, il y a plusieurs années, lors d’un évènement en Belgique (à Blégny si ma mémoire est bonne) et je lui avais acheté la trilogie des Kerns, qui me faisait de l’œil. Son style très particulier m’avait un peu perdue, j’ai eu beaucoup de mal à finir le tome 1… Ce qui ne m’a pas empêché de conserver de bonnes relations avec l’auteur qui s’est toujours montré très sympa avec moi en salon. Du coup, pourquoi avoir tenté la 25e heure ? J’ai envie de parler d’un coup de pouce du destin, d’une intuition comme j’en ai parfois et qui s’est révélée payante. Ce roman est arrivé sur ma PAL au moment où j’en avais le plus besoin. Je venais d’enchaîner quelques déceptions littéraires, des intrigues trop plates, des personnages peu intéressants ou bien trop convenus, des styles sans grand intérêt qui me servaient sans arrêt la même histoire, bref… C’était mon tout premier achat à l’Homme Sans Nom et je l’ai pris d’un, parce que j’apprécie Feldrik et de deux, parce que la 4e de couverture m’a intriguée. Et aussi parce que je venais de terminer Monte-Cristo et que j’étais convaincue que jamais plus je ne lirais un roman aussi bon. Du coup, lourd poids sur les épaules de Feldrik ! Ce roman prend place au 19e siècle et si le style de Feldrik est très différent de celui de Céline, on peut lui faire le même compliment : on a l’impression de lire un contemporain de Dumas. Son intrigue est originale, elle mêle quelques touches de steampunk et de magie maléfique à l’histoire parisienne de la fin du siècle, en proposant un personnage hors du commun qui peut paraître parfaitement antipathique aux premiers abords (j’ai vu qu’on lui en faisait souvent le reproche) mais auquel j’ai directement accroché. Lacassagne a tout pour me plaire, c’est un homme glacial, original, sociopathe, avec ses propres préceptes qu’il suit à la lettre et un nombre impressionnant de troubles obsessionnels compulsifs. Il travaille pour la police de la capitale et est suivi par un policier nouvellement intégré à sa brigade. Ce n’est pas sans rappeler le duo Sherlock Holmes / Dr Watson sauf que le parallèle s’arrête là tant les personnages sont différents. Outre son style d’écriture, on peut saluer Feldrik pour la finesse de ses intrigues et pour les nombreuses références aux personnages historiques : quel plaisir de rencontrer Méliès ! Je me réjouis de le recroiser en salon pour acheter la suite, le Chrysanthème Noir !

- Apostasie – Vincent Tassy: Apostasie m’a d’abord attirée pour sa sublime couverture, glauque à souhait, qui promettait de la noirceur et du sang : deux choses que j’adore ! Je ne connaissais pas du tout Vincent au moment où l’ouvrage est paru aux éditions du Chat Noir (encore eux !) et je l’ai rencontré aux Imaginales d’Epinal où je l’ai trouvé vraiment très sympa. C’est toujours un plaisir de discuter avec lui, le seul problème c’est que quand on commence, on est parti pour trois heures… Et on ne bosse pas beaucoup ! Mais bon, on a des conversations très riches et ça compense largement. Cet ouvrage s’inscrit dans un esprit décadent auquel je suis particulièrement sensible, Vincent manie la plume avec brio et poésie pour nous offrir un roman où les questionnements philosophiques sur l’essence même des histoires et des rêves côtoient une impression prégnante de mal du siècle. Pour moi, Vincent est de ces génies nés avec deux siècles de retard mais Apostasie, ce conte macabre, laissera à tout jamais une trace dans mon cœur. Je ne peux rien dire de plus sur le sujet sans risquer de vous gâcher la surprise et l’histoire, mais sincèrement, il doit être lu au moins une fois si vous êtes sensibles au courant décadent. Et même si vous ne l’êtes pas, parce que je suis presque certaine qu’il va vous y convertir.

C’est donc la fin de ce petit top 5… Vous avez vu, je n’ai pas parlé de Pierre Pevel (oups…) dont je vous recommande la lecture dès que je le peux, ou même de James Barclay, qui est mon auteur étranger préféré, parce que les Ravens et les Elfes ont changé ma vie presque autant que les Lames du Cardinal. Si je l’avais lu cette année, je vous aurai aussi parlé de Smog of Germania de Marianne Stern, qui est dans le top 10 de mes romans favoris de tous les temps mais je compte bien me rattraper quand Scents (la « suite ») sortira l’an prochain.

Si vous devez retenir quelque chose de cet article, c’est que les auteurs français ont du talent et qu’ils méritent une belle place sous votre sapin. Donnez-leur une chance. Et sur votre lancée, pensez au Nechtaànomicon, au risque que Nechtaàn ne se vexe et n’aille dézinguer le Père Noël pour cet affront ! Je plaisante évidemment, je suis déjà comblée par l’accueil que vous lui avez réservé et je manque de mots pour vous dire à quel point.

Passez de merveilleuses fêtes de fin d’année, puissiez-vous recevoir plein de livres et en offrir tout autant ! On se retrouve en 2017. Et si vous avez aimé mes avis sur les livres, je vous rappelle humblement que je poste sur facebook des retours au sujet de mes lectures, sur ma page auteure. Restez connectés.


Je suis une NaNowinneuse !

03/12/2016 à 11h08

Je vous l’avais promis au début de l’aventure, voici un bilan qui reprend mon mois de NaNoWriMo, comment j'ai vécu l'expérience, sa réussite aussi, avec le plus de détails possibles. Pour ne pas laisser trop de suspens, sachez que je suis ce qu’on appelle une NaNoWineuse, parce que j’ai atteint l’objectif des 50K mots en 29 jours ! Soit un jour avant la date normale, et ça n’a pas été de tout repos… Pour preuve, prenons à témoin ce graphique, fourni par le site du NaNoWriMo.



La première semaine s’est plutôt bien déroulée. Globalement, j’étais toujours au-dessus de la moyenne de mots et j’engrangeais une confortable avance, parce que j'étais motivée, que les mots glissaient tout seul le long de mes doigts. Puis est arrivé le 13e jour… Le maudit. Et que ça tombe justement à ce moment-là est vraiment un hasard ! Depuis deux / trois chapitres, j'avais l'impression que quelque chose clochait dans mon récit, j'étais gênée sans parvenir à mettre le doigt sur la raison et du coup, ce matin-là, naïve que je suis, j'ai entamé une relecture.

Puis j’ai compris…

J’avais commencé à écrire le roman à la première personne du singulier, au présent, du point de vue d’un homme (Micah pour ne pas le citer) sauf que ça donnait un résultat plus que moyen. J’avais l’impression de relire une pseudo histoire MM de bas-étage, mal dégrossie, ce qui m’a profondément agacée vu la tournure que je souhaitais donner au roman. Micah est certes homosexuel, ce qui est un des thèmes du livre parce qu'il est dans une société où c'est un sujet extrêmement tabou, mais là... Non, ça tournait trop autour de ça au point d'en oublier le reste et c'était normal, vu le style narratif. J’ai donc décidé de tout réécrire en suivant mon style habituel ! A partir de ce moment-là, je réécrivais la totalité d’un chapitre et en ajoutais un autre, double travail donc… J’avoue, j’ai ralenti et perdu un peu le rythme, je restais tout juste à mon quota quotidien, parce que la réécriture me pompait le cerveau. J’ai bataillé pour ne pas abandonner mais ça a été assez difficile. Je dois mon acharnement dans l'aventure à Justine et à Luciole, qui m'ont encouragés à continuer mais aussi à prendre le temps de me reposer un peu pour y voir plus clair au lieu de me rendre malade. J'ai écouté leur conseil, ce qui explique que pendant deux jours, j'ai stagné. Puis c'est reparti assez facilement: ouf !

L’air de rien, un mois, c’est court ! On arrive rapidement à la fin du délai et quand on joue de malchance, on a justement un salon le 26 et le 27… Histoire de bien te couper dans ton élan pour la phase finale. Bon, c’était un évènement extraordinaire, sans doute l’une des meilleures manifestations de ma vie (et c’est dû en grande partie à ma copine de stand, L.A. Braun <3 ) mais n’empêche, trois jours sans écrire… Parce que oui, lundi, j’étais épuisée et je n’avais pas le courage d’ouvrir mon document word. Rien que double-cliquer dessus me semblait insurmontable.

On arrive donc à mardi 29 novembre, il me restait 6600 mots et des poussières à écrire… Et une idée folle m'est venue: celle de terminer tout ça en un jour ! Pourquoi ? Je ne sais pas, je dois être un peu masochiste ou complètement barje même. Toujours est-il que j’y suis arrivée (moi-même je me demande encore comment) et que j’ai réussi à terminer le premier jet de ce roman, provisoirement intitulé Managarm.

Par extension, c'est la première fois que je termine un NaNo de novembre et je pense que si je n'avais pas dû réécrire toute une partie du livre, j'aurais été bien au-delà du quota. J'ai pris une claque, l'air de rien, en me rendant compte de ma rapidité à coucher une oeuvre sur papier. Est-elle bonne pour autant? Non, évidemment, il y a encore tout un travail à effectuer dessus, n'empêche... Je m'effraie, parfois.

Qu’est-ce que je retire de cette expérience ? Hormis un roman terminé (dans sa trame globale en tout cas, il y a encore beaucoup de travail à effectuer dessus) une belle expérience communautaire. Je m’étais mise en groupe avec quelques auteures confirmées et une amie amateur (par là j’entends qu’elle n’est pas encore publiée). Nous avions créé un groupe secret sur facebook pour palier à l’absence de cabines et nous avons échangé sur nos expériences, nous nous sommes encouragées mutuellement quand les aléas de la vie ont fait que l'une ou l'autre ne pouvait pas écrire. Certaines ont abandonné le challenge, la faute aux enfants, à la maladie (bah oui qui dit hiver dit grosse grippe) ou aux salons, mais elles sont restées jusqu’au bout malgré tout, elles ont avancé dans leurs projets et au fond, c’est ça qui importe, plus que le nombre de chiffres. Outre ces personnes que je remercie chaleureusement (Cécile, Justine, Emmanuelle, Estelle, Aspi ♥) je dois aussi mentionner ma fabuleuse communauté sur facebook ! La page auteur a pas mal chauffé le dernier jour, une quinzaine de personnes au taquet, à m'envoyer des messages, m'encourager dans ce dernier rush, c'était absolument incroyable et ça m'a fait chaud au coeur de vous sentir tous présents à votre façon, derrière vos écrans, à surveiller mon avancée. C'est toujours émouvant, de se dire qu'on attire l'attention et l'intérêt d'autant de monde. Sincèrement... Merci !

Donc voilà, résultat de ce mois de novembre: le défi est réussi, mais je suis épuisée. En mettant le point final à Managarm, je me sentais vide. Pendant un mois, je n'avais fait qu'écrire, mettant même un peu (beaucoup) le rp de côté, et là, c'était terminé... J'ai décidé de laisser le texte se reposer quelques jours avant d'entamer le travail dessus, histoire de prendre un peu de temps pour moi avant de me lancer dans la révision de mes examens de Janvier. Eh oui, on ne peut pas toujours bosser pour le plaisir ;)

N'hésitez pas à partager votre expérience NaNo avec moi ! J'espère qu'elle a été une réussite ♥