Manon Elisabeth d'Ombremont

Manon Elisabeth d'Ombremont

Mon échec au Camp NaNoWriMo d'Avril - les erreurs à ne pas commettre

02/05/2017 à 15h09

Durant le mois d'avril, j'ai participé au Camp NaNoWriMo, comme chaque année depuis deux ans. Le but était de terminer le tome 2 du Nechtaànomicon (alors que j'avais terminé le 1 l'année dernière à la même époque) ou du moins, bien avancer dans son écriture. En soi, cet objectif n'est pas un échec puisque j'ai effectivement écrit pour Nechtaàn. Ce qui l'est, en revanche, c'est le but du camp en lui-même, comme vous pouvez le constater sur ce graphique.



J'avais fixé mon objectif à 30 000 mots ce qui n'est pas tant que ça, quand on connait mon rythme (habituel) d'écriture. Pourquoi avoir baissé la barre? Tout simplement parce que j'avais de nombreux travaux à rendre à l'unif. Pour rappel, je suis en première année de master. En tout, je devais achever 4 travaux entre 10 et 20 pages chacun (en times new roman interligne 1). A l'heure actuelle, il m'en reste toujours un à terminer, heureusement j'ai encore deux semaines avant de le rendre, ce qui me laisse le temps. 

De plus, j'ai participé à un appel à texte dont, j'espère, j'aurais des nouvelles bientôt. Heureusement, j'avais déjà un texte dans le tiroir (c'était pour une nouvelle) mais il nécessitait d'être retravaillé, pour être incorporé dans l'un de mes univers à venir. Oui, je vous parlerais de ça dans un autre article et oui, c'est mal de glisser du teasing l'air de rien :P Je me suis donc penchée dessus, avec l'aide de Luciole alias ma-boîte-à-idée.

Le bilan? Pour le Nechtaànomicon en lui-même, j'ai écrit +- 19k, qui se sont ajoutés à ce que j'avais déjà. A l'heure actuelle, le roman est terminé aux deux tiers, pas d'inquiétudes ! Je pense donner un gros coup dessus au retour du Salon Fantastique de Paris, puisque j'ai peu d'examens à passer cette année (l'avantage des travaux à rendre hors session héhé) et il arrivera dans la boîte mail de mon éditeur en temps et en heure. Par extension, dans vos bibliothèques en temps et en heure mais, ça aussi, on en reparlera. (qui a lancé cette tomate? èé)

Je suis assez déçue de mon résultat, mais je ne peux m'en prendre qu'à moi-même. En effet, j'ai commis une grosse erreur: je me suis surestimée. C'est quelque chose que je fais assez souvent, ces derniers temps. J'ai l'impression que je peux y arriver, mais je ne réfléchis pax aux réalités « du terrain » si vous me permettez l'expression. Je ne pense pas qu'il ne suffit pas de taper dix ou quinze pages pour un travail, qu'il faut aussi lire les livres en lien, chercher des articles de référence pour argumenter mon propos et que, l'air de rien, ça ne prend pas qu'une après-midi. Je ne pense pas qu'il y a l'IRL qu'on ne peut pas mettre entre parenthèse. Qu'il y a l'organisation des prochains salons. Qu'il y a les cours, que je dois suivre. Les trajets, que je dois effectuer. Bref, je m'oublie un peu dans tout ce maëlstrom de choses à faire et je me rends compte que je dois apprendre à me ménager un peu et à être plus indulgente envers moi-même.

Au moins, ce Camp NaNoWriMo m'aura permis cette réflexion et, rien que pour ça, j'en suis contente.

D'autant que, quand on additionne tout ce que j'ai concrètement écris pendant ce mois d'avril, j'ai largement dépassé mon objectif initial. Mais je ne voulais pas tricher, d'ailleurs, quel en serait l'intérêt? Avoir un joli badge sur le site du NaNoWriMo? Oui, mais non. Si je participe à cette initiative, c'est pour avancer dans mes projets, pas pour en donner l'illusion ou me jeter de la poudre aux yeux.

Si je vous raconte tout ça, ce n'est pas pour me plaindre (ou me faire plaindre) mais bien pour vous donner un conseil, si vous me le permettez: choisissez un objectif à votre mesure et soyez fiers de votre avancée, peu importe sa quantité. Nous sommes humains, nous avons des limites, et en prendre conscience est aussi une preuve de maturité :) Une année n'est pas l'autre ! Alors, si vous comptez participer au prochain NaNoWriMo, posez-vous les bonnes questions: Qu'est-ce que j'écris? En quelle quantité? Est-ce que j'aurais concrètement du temps à y consacrer?

Je ne sais pas encore si je vais participer au Camp NaNoWriMo du mois de juillet, mais je retenterais l'expérience en novembre, avec l'écriture d'un nouveau roman, ça, c'est quasiment certain ! Lequel? Et bien, vous le saurez... Bientôt ! Encore un teasing, bouuuh moi :P

En attendant, je vous donne rendez-vous ce week-end (6 au 8 mai) au Salon Fantastique de Paris et je félicite tous les copains qui sont venus à bout de ce Camp NaNoWriMo.


Rétrospective 2016 et projets 2017, gracieusement présentés par Nechtaàn.

29/12/2016 à 14h07

Mon cœur battait la chamade et j’humectais ma lèvre inférieure, mes yeux faisant la navette entre l’Ar’narakhe qui me toisait d’un air mauvais et la moquette sur le sol, qui me semblait soudain très passionnante. Tiens, on n’avait pas dit qu’on repassait au parquet, parce que c’est moins chiant à nettoyer ? Je chassais cette considération, totalement hors sujet.
— Donc, si je comprends bien, répéta Nechtaàn en articulant bien chaque mot. Tu veux que moi, je fasse un bilan pour toi de l’année qui vient de s’écouler ? Sur tout ce que tu as écris, tout ce que tu as fait ? Quand il le répète, ça a encore plus l’air d’être une idée stupide. Mais bon sang, qu’est-ce qui m’a pris ? A quel moment, précisément, ai-je cru que ce serait une excellente idée de lui poser la question ?
— En quelque sorte, répondis-je toutefois sans me démonter. Le fait est que les lecteurs t’adorent, comme on les comprend hein… Alors ils m’ont demandé pour que ce soit toi qui t’en charge.
— Oui, on peut les comprendre, admit-il avec un sourire satisfait.
Je soupirai intérieurement. Ouf, il n’a pas relevé l’ironie…
— Donc je dois parler de moi ?
— Voilà.
— Ah, mais il fallait commencer par là !
Un grand sourire éclaira son visage. Je ne peux pas dire quel genre de visage, pas sans risquer de vous spoiler la suite de l’histoire, alors imaginez le dans le corps de Nagato, c’est encore celui qui lui va le mieux. Il s’installa dans son fauteuil dont le haut dossier me faisait penser à un trône, les jambes croisées sur le siège.
— Par où est-ce que je vais commenceeeeeer, demanda-t-il tout haut en se grattant le menton.
— Hop hop hop, pas si vite, ne t’emballe pas ! Commence par ce qui a trait au Nechtaànomicon, à sa version ÉCRITE pas à l’histoire de ta vie, on est d’accord ?
— Donc, tu veux que je parle de toi.
Une moue boudeuse apparut sur ses traits.
— Pas forcément…
— Je ne vois pas en quoi tu as de l’intérêt, me coupa-t-il. Je t’ai demandée d’écrire mon histoire parce que tu as bien écrit celle à l’origine de la Révélation, et que ça a eu du succès, mais c’est tout. Vu le sujet ridicule du roman, en plus, c’est que tu dois avoir un vrai talent, et avec un personnage plus charismatique, ça devait forcément fonctionner. Et je n’apprécie que modérément les remarques ironiques glissées dans le récit, tu les as bien corrigées, pour la publication ?
— Oh oui, évidemment, ne t’inquiète pas !
Il ne me manque qu’une petite auréole au-dessus de la tête. Evidemment, le texte est parti tel quel chez l’éditeur. C’était courant décembre, il y a presque un an jour pour jour, en fait. Je terminais le premier jet de l’épisode 1 et, à mon grand soulagement, on m’annonçait qu’on voulait bien le publier. Une chance pour moi, parce qu’essuyer un refus dans ma situation n’était pas possible. Imaginez un peu la réaction de Nechtaàn ? Comment lui expliquer qu’un humain avait eu l’outrecuidance de ne pas aimer son histoire ? Je crois que je lui aurais donné le nom et l’adresse du suicidaire, en mode courage fuyons.
— Tu te souviens, du premier épisode ?
— Oh, oui, quel grand succès !
Mouais… On n’a pas la même notion de « grand succès » pensais-je, mais sans relever. J’ai appris à choisir mes batailles, avec lui. Concrètement, le premier épisode a été bien reçu, mais j’ai l’impression que c’est un format qui ne fonctionne pas bien à ce siècle. Dommage ! C’était amusant d’écrire une fois par mois, et il me fichait la paix le reste du temps.
Plus ou moins.
— Et qu’est-ce qu’on a dit à ce sujet ? insistais-je.
— Qu’il faudrait en écrire encore plus ?
Je retins le facepalm qui me démangeait.
— Noooon. On a dit qu’on écrirait la saison 2 en une fois, parce queeeeee… ? essayais-je encore une fois.
— Parce que tu écris d’autres choses en même temps ? D’ailleurs il faut qu’on en parle, de ça, je t’ai embauchée en premier, je ne partage pas ce qui m’appartient. J’exige que tu cesses d’écrire ces trucs-là, avec les faës et les dragons.
— Euh… Nechtaàn, tu sors de la diégèse là.
— Ce n’est pas toi qui écris ça aussi ?
— Pas du tout, et tu vas vexer l’autre auteur. A chacun son boulot.
— Tu insinues que je ne suis pas responsable de l’arrêt de parution pendant plus d’un an et demi ?
— Tu n’es pas responsable de tous les maux du monde, même si à première vue, on pourrait le croire.
Je ne parvins pas à déchiffrer l’expression sur ses traits, si bien que je me dépêchais de changer de sujet. Enfin, plus ou moins.
— Mais sur la Terre Prime, ça sort sous le même nom.
— Parce qu’on utilise la même intermédiaire, je te l’ai déjà expliqué… Fais un effort !
— Donc elle récolte tout l’argent et pas nous ? s’exclama-t-il, la bouche ouverte en un « o » scandalisé.
— Quand on veut une diffusion à l’échelle du Multivers, il faut faire des concessions.
— Non mais ça ne va pas se passer comme ça !
— Arrête de faire ton cirque, déjà que tu as vendu l’histoire de Bluenn sans même lui demander… T’as des envies de suicide, ou quoi ?
— Elle est au courant ?
Sa demande semblait nonchalante mais au fond, il était inquiet. Je devais avouer que ça m’amusait assez. C’est tout le paradoxe de la Sorser’tan : elle pourrait, à elle seule, les détruire tous, mais elle restait relativement soumise, creusant son petit trou dans ce groupe tordu. De cet ancien trio, devenu quatuor.
— Non, et une chance pour toi. Celui-là n’a été diffusé que sur la Terre Prime, pour Noël.
— Oh tiens, j’ai une histoire super à propos de Noël, tu savais que-
— Pitié, on peut terminer ça ?
— Mais je suis certain que mon histoire sur Noël est meilleure…
— Je n’en doute pas, mais on doit encore un peu parler de toi, d’abord, susurrai-je.
— Mh, si ça te fait plaisir.
— On doit écrire le tome 2 de ton histoire, pour l’année prochaine. Tout le monde l’attend avec impatience !
— Je dois pouvoir caser ça dans mon emploi du temps, soupira-t-il comme un grand seigneur qui accorde une faveur bien malgré lui. On peut continuer à faire du commerce avec les histoires des autres ? J’ai encore celle de mon petit vampire adoré sous le coude, si tu savais, c’est hilarant. Je connais tous les détails grâce à son sang, tu vas adorer écrire ça.
Je souris, comme pour approuver, mais sincèrement, j’en doutais. Surtout qu’il avait souvent tendance à me plonger dans les scènes en question, encore un de ses pouvoirs à la noix que je ne supportais pas. Mais allez donc lui faire comprendre que je n’ai aucune envie de le voir à poil, que ce soit lui ou le prince de Valachya… Ils ont tous du mal avec le concept d’homosexualité, c’est fou. Et non, aucun homme n’est assez irrésistible pour transformer une lesbienne en bisexuelle, même s’ils sont persuadés du contraire.
— Super. J’ai ici le planning pour la Terre Prime, il va falloir activer.
Je sortis une feuille de mon bloc, que je tenais jusqu’ici contre ma poitrine. Il se dématérialisa de son fauteuil pour lire par-dessus mon épaule. Comme souvent lorsqu’il s’assoit, moi, je reste debout. Il me collait plus que nécessaire, mais je préférais ne pas relever.
— C’est quoi ça ? Bratva ?
— Ouais, c’est un truc qu’elle a écrit elle-même, dans son univers à elle.
— Et pourquoi ça passe avant moi ?
— Parce que la vie est injuste, ironisais-je.
— C'est quoi ça? Nyctophylia?
— Des nouvelles dans la lignée des gothiques anglais...
— Pourquoi il y a un point d'interrogation, à côté.
— Parce qu'elle veut le caser quelque part mais n'a pas encore décidé où.
— Donc c'est encore elle qui écrit?
— Voilà, du coup je me disais...
— Et « LF » aussi ça passe avant moi ? C’est quoi cette abréviation à la noix ?
— Tu peux toujours aller en Faëry, trouver le Narrateur, discuter un peu avec lui… Et les autres.
Il eut l’air de réfléchir sérieusement à la proposition. Mais toutes les créatures dimensionnelles connaissaient la situation là-bas et personne n’avait envie de s’y perdre. D’autant que ça l’amenait beaucoup trop près de Morrigan et qu’ils avaient encore des comptes à régler. Sans parler d’Elcmar. Irais-je jusqu’à dire qu’il craignait certaines des entités vivants là-bas ? Pas tout haut, non. Mais je n’en pensais pas moins.
— Donc moi, je suis là ?
Il pointa la fin du rectangle divisé en 12. Pas la toute fin, mais plus proche de la fin que du début. Oui, je sais, c’est un flou artistique.
Et oui, je me trouve drôle.
— Voilà.
— C’est un planning plutôt qu’un bilan, qu’on fait, non ?
— En quelque sorte. Mais tu as dans ta boîte mail les chiffres précis du bilan depuis la sortie numérique, et depuis la sortie papier. Tu noteras une nette explosion des ventes papiers de l’ouvrage en comparaison du numérique, ça a soulagé les éditeurs, raison pour laquelle ils ont commandé la suite. Ici et sur la Terre Prime. Et à Dis aussi, mais bon, c’est devenu une lecture obligatoire alors on ne va pas trop se vanter.
Je roulais des yeux. Vous comprendrez bientôt pourquoi.
— C’est encore moins que les chiffres de la biographie de l’autre pénible.
— Arrête de l’appeler comme ça. Je te signale que tu ne peux pas atteindre le million d’exemplaires sur trois mois. Son bouquin à lui est sorti en 2010, on est fin 2016.
— Et il a eu son film…
— Je refuse d’avoir cette discussion.
— On peut le caser dans le planning de 2017, non ?
Une porte s’ouvrit à la volée, laissant place à Bluenn. La Sorser’tan irradiait de pouvoir, une aura brûlante entourant son corps. Sauvée par le gong !
— Toi ! s’exclama-t-elle en pointant son index vers Nechtaàn. J’ai deux / trois choses à te dire.
Une boule de feu fendit l’air dans la direction de l’Ar’narakhe, qui évita de justesse en se dématérialisant.
— Et mais je suis le r-
— Rien à foutre.
— Bon, je vais vous laisser hein. A la prochaine ! lançais-je à la cantonade.
Courage fuyons.
Je n’avais aucune envie de rester dans les parages pendant que ces deux-là se taperaient dessus. Je fermais la porte et tombais nez à nez avec le prince de Valachya. Dans mon dos, j’entendis le bruit d’un meuble qui se brise. Je me demandais sous le poids du corps de quel protagoniste, puis je jugeais qu’il y a des scènes auxquelles on n’a définitivement pas envie d’assister.
— Tu tombes bien ! s’exclama-t-il et je n’aimais pas du tout le sourire sur son visage. J’avais quelque chose à te demander. Tu sais, comme tu écris l’histoire des gens intéressants, je me suis dit…
Et merde.